Lucien Becker - La main de l’homme
septembre 28, 2007 par danidepraha
La main de l’homme n’est vraiment vivante
Que quand elle s’enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe
Lucien Becker (1911-1984)
Cher Danielle,
voici le poème integral de Lucien Becker
Après une journée perdue comme toutes les autres
à attendre dans un bureau qu’on ait gagné sa vie,
on entre dans la nuit
avec la certitude qu’elle vous offrira sa rançon de femmes.
Nuit toujours pareille avec ses convois de lumière
nuit tournant sous de hautes montagnes de vent
nuit qui fait briller les regards
nuit légère sur les paupières comme la mer sur les coquillages.
La main de l’homme n’est vraiment vivante
que quand elle s’enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe.
Cette chair que je froisse que j’attire à moi
comme une branche trop chargée
cette chair qui frémit
à mesure qu’on la dénude de son linge
comme on le fait à une jeune pousse
de l’argile qui la recouvre
cette chair est la seule étendue
où mon corps peut jeter l’ancre.
Cette chair est la seule issue
qui me mène à la pointe d’un désir
neuf et luisant comme un fer qu’on forge.
Comme une taupe le désir fouille cette femme
qui respire de tout son ventre.
© Lucien Becker, Rien à Vivre, 1947, Gallimard
Je t’offre le poème integral (si tu n’en avait pas) de Lucien Becker, qui j’aime beaucoup. Je peut t’envoyer d’autres poèmes de lui ou d’autres, de Paul Verlaine de ces Oeuvres Libres par exemple.
Amicale,
Acefale
Belgique Néerlandophone
oui nous renaissons à la vie entre vos cuisses , reminiscence ou renaissance ?