Je mets mon vit contre ta joue
le bout frôle ton oreille
lèche mes bourses lentement
ta langue est douce comme l’eau
ta langue est crue comme une bouchère
elle est rouge comme un gigot
sa pointe est un coucou criant,
mon vit sanglote de salive
ton derrière est ma déesse
il s’ouvre comme ta bouche
je l’adore comme le ciel
je le vénère comme un feu
je bois dans ta déchirure
j’étale tes jambes nues
je les ouvre comme un livre
où je lis ce qui me tue.
Georges Bataille (1897-1962)
Jolie collection de poêmes ! N’hésites pas continuer !
Une bien jolie rencontre inopinée chez vous, et la découverte de ces mots de Bataille qui jusque-ici m’étaient inconnus. (Je suis arrivé chez vous en recherchant des paroles de Garcia Lorca)
j’ai ecouté une emission sur france culture.ce livre etait cité et l’extrait lu m’a plu..je vais acheter ce livre
En cherchant du Bataille, j’atterris ici. Belle anthologie, vraiment !
Je ne sais si la maîtresse de lieux passe encore sur ce blog, mais voici toujours une pierre apportée à son édifice.
“Miasmerie d’âme. Mon bout dans la boue de la lande. Nos peaux se frottent comme des silex, pierres liquides, sueurs de briquet, étincelles que nos yeux reflètent, répètent, perpétuent.
Lande aux bas de sel, tes cheveux défaits par mon souffle, ma bouche sur ta poitrine à peine dessinée, lande écarlate, je gouverne ton sang, je suis maître de ton sanglot.
Étreinte avec les feuilles, mots dits à l’oreille des arbres, ma semence dans les racines, mon front butant sur la clavicule des astres.”
Christian Laborde, “L’os de Dyonisos”.